City of Love Diyarbakir

Osman Kavala Free! (Channel Draw)
Osman Kavala Free! (Channel Draw)

J’ai rencontré Osman Kavala en 2006, nous envisagions avec Image Aiguë de faire un projet à Istanbul, il m’a suggéré que nous travaillions également à Diyarbakir. C’est ce que nous avons fait. Je l’ai revu presque à chaque fois que je passais à Istanbul. C’est quelqu’un que j’estime beaucoup : homme d’affaire, acteur majeur de la société civile et de la culture, héraut de la démocratie.

Depuis mon premier voyage en 2006, pour la réunion du réseau IETM, je suis retourné de nombreuses fois à Istanbul. 2010 était alors un horizon joyeux (Istanbul Capitale Culturelle Européenne), la célébration d’une ouverture culturelle, un très fort espoir d’ouverture. Et puis ce fut une année catastrophique.

J’ai de nombreux amis en Turquie et j’entends depuis plusieurs années les histoires d’une république de plus en plus dictatoriale. En soutien à Osman Kavala, emprisonné depuis plusieurs semaines, je publie quatre articles tirés du Tumblr d’Image Aiguë et quelques photos et videos des projets de la Compagnie à Diyarbakir.

Mercredi 15 septembre 2010

Je vous écris de Diyarbakir où je rejoins un groupe de professionnels du spectacle dont le voyage en Turquie (Ankara – Diyarbakir – Istanbul) est organisé par l’Institut Néerlandais du Théâtre et nos amies de ¨cˇu’m„a*. Dans l’avion de Turkish Airlines,  un dossier du magazine SkyLife est consacré à Diyarakir “City of Love”.

Nous avons commencé à travailler ici en 2006, grâce à l’impulsion d’un homme d’affaire éclairé : Osman Kavala, président du Conseil d’Administration de Anadolu Kültür.

Avril 2008, Diyarbakir

Nous préparions le projet d’Image Aiguë, il avait proposé à l’une des ONG qu’il soutenais d’en être partenaire mais à condition de créer un lien, par nos actions théâtrales, en Istanbul et Diyarbakir.
Lorsqu’un éventuel partenaire vous reçoit ici, il en vient toujours à poser cette question “Why do you come here ?”, sous-entendu “for political reasons”. 
La conversation téléphonique avec Osman m’a appris que certains mots ne peuvent pas être dits ici (ou plutôt ne doivent pas être entendus par n’importe qui).

Demain je retrouve les hollandais à l’hôtel, je serai leur guest kurdish guide. En fait la vraie guide est Öslem de Diyarbakir Sanat Merkesi mais j’avais fait plusieurs propositions de personnes à voir, intéressantes à mes yeux de français. Avant ce groupe hollandais du T.I.N., je n’avais croisé à Diyarbakir que les suédois du Riksteatern. A part l’Ambassadeur de France en Turquie et l’Ambassadeur culturel européen (Image Aiguë), les acteurs culturels français ne semblent pas tellement avoir franchi le miroir d’Istanbul.

A suivre, demain, une visite technique au Cegerxwin Kultursanat Merkesi à Kayapinar en début de matinée puis le grand tour avec le groupe hollandais. D’ici-là, vous pouvez chercher sur la carte d’Image Aiguë où ça se trouve, Diyarbakir.

— à suivre