Inventer les territoires culturels de demain – Journal de formation #4 Grenoble

Lors de cette quatrième session en septembre 2018, le jeu de rôle était la cerise sur le gâteau. Moi j’étais DAC du Pays de Modelle et incapable de créer les conditions de dialogue avec les acteurs du territoire. Difficile d’établir un « alignement » de tous, d’envisager la Pays comme un « bien commun », de réfléchir ensemble à travers les Droits culturels, d’imaginer un destin collectif ou d’envisager  l’expérimentation d’un laboratoire citoyen. Le gâteau s’effondrait

EAC, PCT, ESS… acronymes d’approches très concrètes et élaborées que je côtoie depuis longtemps sans les approfondir. Je m’aperçois que c’est ce qui manquait dans ma pratique professionnelle : de la méthode.

Encore récemment dans l’accompagnement à la rédaction d’un projet européen dans les musiques anciennes: malgré l’expérience des partenaires participants à sa conception, chacun procède de façon empirique, à son idée. J’avais l’image qu’ils évoluent dans leur projet comme dans un First-Person Shooter : genre de jeu video où le joueur découvre couloir après couloir, pièce après pièce, le lieu de sa mission, appréhendant dans chaque recoin l’attaque d’un ennemi démoniaque.

Comment avoir du recul, dégager une vision globale, prendre conscience de l’univers complet dans lequel on évolue. En quelque sorte ne pas être juste joueur dans un environnement que finalement on subi (par habitude, par facilité) mais devenir aussi en être concepteur ?

Chez ces acteurs aguerris du secteur de la musique (et chez moi aussi!), les savoir-faire dans un environnement qu’ils maîtrisent sont très efficaces mais dès lors que celui-ci devient instable et incertain… Comment Faire Pour ?

Autre conscience qu’il me manquait dans ma pratique professionnelle : savoir où on est (« Dans quel monde vivons-nous ? » est une question fréquente sur les réseaux sociaux en réaction aux violences de l’actualité). La notion d’écosystème a pris une certaine importance pour moi : comprendre le système composé par les parties prenantes et leurs interactions. C’est une approche qui m’est familière, que j’interprétais ces dernières années comme l’idée que (par exemple) la valeur d’une équipe artistique (mettons théâtrale) naît de son environnement qui ne se limite aux limites d’un cahier des charges de convention défini par l’autorité compétence (MCC) mais englobe l’ensemble des acteurs avec lesquels elle interagit (les voisins, les spectateurs, les amateurs, les collègues…).

Je vois, en participant aux travaux d’une association d’administratifs, que cette conscience plus large de notre environnement nous permettra de trouver de nouveaux points d’appuis, moins rhétorique, pour sortir de l’isolement (en tant qu’individus et organisations), porter de nouveaux regards et inventer des solutions collectives/culturelles aux enjeux sociaux.

Enfin, la notion de bien commun (évidemment tout se rejoint) ouvre des perspectives nombreuses et des heures de discussion.

Avec quelques chers camarades de l’association de Tango à Lyon (qui existe depuis 25 ans) nous commençons à parler ainsi de l’espace que nous habitons, par la danse, la musique et la poésie. C’est une vision de l’avenir du projet culturel qui trouve son point de départ dans un espace très concret (un local au cœur des Pentes de la Croix-Rousse), un territoire où se négocient nos valeurs communes à travers la mise-en-œuvre des actions culturelles, un apprentissage de la démocratie.